L’Agglo de Château-Thierry en ordre de marche contre le frelon asiatique

Mission vespa velutina, pour les puristes, ou frelon asiatique à pattes jaunes : Une réunion d’information sur la lutte contre cette espèce invasive s’est déroulée, jeudi 5 mars, au Pôle de l’Agglomération de Château-Thierry. 

 

Pas moins de trente-cinq maires et employés communaux ont répondu à l’invitation de l’Agglo de Château-Thierry et du Syndicat L’Abeille

de l’Aisne. 

 

Une réunion d’information, « avec la volonté de réussir cette lutte contre le frelon asiatique qui n’est pas un mince problème », pilotée par Bruno Lahouati, conseiller délégué à l’Urbanisme et à l’Habitat, maire de Vallées-en-Champagne. L’élu référent sur cette thématique était accompagné de Nathalie Lefèvre chargée de mission « Soutien aux communes » à l’Agglo, de Christian Pollin président du Syndicat L’Abeille de l’Aisne,

de Bruno Feistel vice-président du Syndicat L’Abeille de l’Aisne, membre du Conseil d’administration de l’ASAD02 (association sanitaire apicole du département de l’Aisne) et référent départemental frelon asiatique, de Jérôme Hacquet conseiller communautaire, adjoint au maire de Château-Thierry délégué à la Tranversalité écologique et aux Finances, du Lieutenant-colonel Benoît Delage du SDIS02 en charge du dossier

de suivi sur la lutte contre le frelon asiatique au Département de l’Aisne, et de Sébastien Eugène, président de l’Agglo de Château-Thierry,

maire de Château-Thierry et conseiller départemental de l’Aisne. 

 

Francis Dussart, conseiller municipal à Jaulgonne, apiculteur amateur et référent frelon asiatique pour le Syndicat L’Abeille de l’Aisne, dont

le téléphone sonnait l'année dernière « de 8 heures du matin à 22 heures le soir »,  était également présent dans la salle de l’Amphithéâtre

de l’Aiguillage. 

 

1500 pièges offerts aux communes 

 

Le territoire de l’Agglo de Château-Thierry s’est engagé dans la lutte contre le frelon asiatique. Des réunions publiques initiées par plusieurs communes, notamment Jaulgonne, Mont-Saint-Père et Epaux-Bézu ont eu lieu récemment.

 

« Il y avait plus de quatre-vingts participants à Mont-Saint-Père. » souligne Francis Dussart. 

 

Les actions, les coordonnées des référents apicoles, ainsi que le process d’intervention ont été relayés auprès des communes. En janvier 2026, l’Agglo de Château-Thierry a répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) « Biodiversité en commun » lancé par l’Agence Régionale de la Biodiversité, démontrant ainsi son souhait d’engager une démarche structurante contre la prolifération du frelon à pattes jaunes.

Cet AMI vise à sélectionner et accompagner quatre collectivités pilotes de la Région dans la conception et la mise en dynamique collective

de projets en faveur de la biodiversité et de la résilience des territoires.

 

« Sans attendre la réponse qui est attendue pour fin mars, nous avons débloqué un budget de 5000 euros pour l’achat de grilles Néoppi, précise

le patron de l'Agglo, Sébastien Eugène. Ce budget sera amené à évoluer selon les demandes. 1500 pièges seront répartis vers les communes volontaires. Une dotation supplémentaire sera faite sur les communes les plus impactées. Le but est d’enclencher la dynamique qui devrait être plus forte l’année prochaine. » 

 

« Il tape dans tous les milieux » 

 

Comment le reconnaître, son mode de vie, le nid primaire sous les toitures, les abris de jardin, les pergolas, le nid secondaire avec 2000 à 5000 ouvrières, une consommation durant l’été de 8 à 10kg d’insectes, une production de 400 à 600 reines pour l’année suivante, les nids dans

les arbres, les ronciers mais aussi et surtout en milieu urbain sous les toitures, le piégeage de printemps et d’automne avec une sélectivité améliorée : un PowerPoint sur cette espèce invasive qui n’a pas de prédateurs, à part la poule de Janzé et la plante carnivore Sarracenia, présenté par Bruno Feistel a permis d’une part, d’informer de façon précise et complète les participants présents et d’autre part, d’engager ensuite des échanges précieux. 

 

Un participant a mentionné une nouvelle étude sur le frelon asiatique parue dans une revue scientifique britannique qui s’est intéressée

au contenu digestif des larves de frelons asiatiques pour estimer l’ampleur de son impact sur la biodiversité. L’étude réalisée par séquençage ADN porte sur plus de 1500 échantillons provenant de France, d’Espagne, du Royaume-Uni et de l’île de Jersey. 

 

« Il tape dans tous les milieux, dans les marais, en milieu aride. On retrouve systématiquement trois pollinisateurs : l’abeille domestique, le bourdon terrestre et le bourdon des champs. Il n’y a pas de limite à son appétit. Il a même été découvert des insectes que nous avons du mal à observer nous-mêmes. » 

 

3500 interventions du SDIS de l’Aisne en 2025 

 

Braine, Chauny, Château-Thierry, Marle, Sissonne et Val d’Origny : L’activité opérationnelle des six centres de secours de l’Aisne, actuellement mobilisés sur la destruction des nids de frelons asiatiques, a connu une augmentation significative en 2025 selon le Lieutenant-Colonel Benoît Delage : « On est en train d’évoluer car le plan régional de lutte exclu à priori la neutralisation au moyen des PILP [Pistolet insecticide longue portée ndlr], même si, aujourd’hui, se sont développés des insecticides bio. Nous allons moins recourir à cet outil. Nous allons passer à l’utilisation de perches. Nous sommes en train d’effectuer un marché public pour faire augmenter le nombre de perches à 36 perches. Cela représente à peu près une centaine d’interventions par Centre de secours. Je ne veux pas que l’on se retrouve concrètement dans une situation où l’on ne vient pas faire

le massage cardiaque de l’un de vos proches, de l’un de vos administrés, parce que nous sommes en train de faire un nid de frelons asiatiques. » 

 

La géolocalisation des interventions du SDIS intéresse le monde scientifique 

 

Le SDIS a la particularité de connaître l’adresse de toutes ses interventions grâce à la géolocalisation. « C’est une information qui a beaucoup intéressé le monde scientifique, souligne le Lieutenant-colonel Delage. Notamment le CNRS et l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte

[IRBI ndlr] de Tours. Une convention de partenariat a été signée avec eux. La Fédération départementale de défense contre les organismes nuisibles de la Manche [FDGD ndlr] a essayé, elle aussi, d’évaluer la colonisation. L’objectif de cette collaboration avec le CNRS est d’évaluer l’état de la colonisation grâce à la cartographie des interventions du SDIS et donc de la localisation des nids sur le territoire. Cette cartographie peut désormais être partagée avec les collectivités sous réserve de la manière dont on géolocalise les pièges. Cette carte peut tout à fait indiquer les pièges à condition qu’il y ait un suivi et que cela passe par l’ASAD02. » 

 

Un véritable plan de bataille est désormais élaboré contre l’ennemi désigné.

DB

Crédit photos : Axomois Production

 

De gauche à droite : Lieutenant-colonel Benoît Delage, Christian Pollin, Bruno Feistel, Nathalie Lefèvre, Bruno Lahouati, Jérôme Hacquet

et Sébastien Eugène.

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