Château-Thierry. CH Jeanne de Navarre : « Notre hôpital répond plus que jamais aux besoins de soins de la population du territoire »

©Photo/Axomois Production
©Photo/Axomois Production

Président de la Commission Médicale d’Établissement de l’hôpital de Château-Thierry, le Dr Nazih Khayat, s’est exprimé lors de la cérémonie des vœux de l’établissement, vendredi 16 janvier, Salle des Conférences. 

 

« L’année qui s’achève n’a pas été une année ordinaire pour notre hôpital. Elle a été marquée par des événements douloureux, par des mises en cause publiques, par un rapport de la Cour des comptes à charge, et par des accusations injustifiées visant les médecins et les équipes soignantes. 

 

Pourtant, dans ce contexte difficile, jamais les professionnels de cet établissement n’ont cessé d’assurer leur mission. Jamais ils n’ont cessé

de soigner, d’accueillir, d’opérer, d’accompagner la population avec compétence, engagement et sens du service public. Je veux leur rendre, ici,

un hommage appuyé. 

 

Les faits sont là. En 2025, l’activité de notre Centre hospitalier a augmenté de 19 %. Cette hausse traduit une réalité simple : notre hôpital répond plus que jamais aux besoins de soins de la population du territoire, et les équipes ont tenu, malgré les tensions, malgré les contraintes, malgré les critiques. 

 

Je souhaite rappeler avec force que le projet médical 2021–2025 n’est ni un catalogue d’intentions, ni une liste de vœux formulés à la légère. Il a été élaboré de manière méthodique, rigoureuse et collective, à partir d’une analyse objectivée des besoins de santé de la population, en s’entourant d’experts reconnus et de professeurs de la faculté de médecine de Reims. 

 

Ce projet médical a déjà permis des réalisations concrètes :  

  • la création du GCS de chirurgie avec la participation des chirurgiens libéraux,
  • le développement de la polysomnographie,
  • la mise en place de l’écho-endoscopie interventionnelle digestive et pneumologique,
  • la création de l’équipe mobile de soins palliatifs,
  • ainsi que le renforcement progressif du capacitaire des lits critiques.  

D’autres projets, tout aussi solidement instruits, n’ont pas encore abouti :

  •  le centre lourd de dialyse,
  • le maintien d’une deuxième équipe SMUR,
  • l’autorisation de fonctionnement de l’USIC,  

mais aussi les projets de néphrologie, de néonatologie et de renforcement du SMUR. 

 

Ces dossiers n’ont pas échoué par manque de sérieux ou d’expertise. Ils ont été construits avec la même rigueur, la même méthode, et la même exigence, mais certaines décisions se prennent ailleurs, parfois loin du terrain. 

 

Je souhaite également dire un mot du projet architectural, trop souvent réduit à une simple question immobilière, alors qu’il est avant tout un projet

de soins. Notre Centre hospitalier n’a pas été rénové depuis son inauguration en 1983. Les difficultés architecturales sont connues, documentées

et partagées depuis longtemps :  

  • l’éloignement entre la maternité, la pédiatrie et la néonatologie,
  • le double site d’anesthésie, au bloc central et à distance à la maternité,
  • un service des urgences conçu pour 8 000 passages et en accueillant aujourd’hui plus de 30 000, avec des locaux non fonctionnels, sans confidentialité ni intimité,
  • une radiologie éclatée sur deux sites, dont une IRM installée en algécos,
  • la vétusté des locaux du laboratoire,
  • des services de médecine et de chirurgie avec 75 % de chambres doubles, souvent sans douches,
  • le double site d’endoscopie,
  • des unités de soins intensifs situées au cinquième étage alors que la réanimation est au deuxième,
  • l’absence d’unités adaptées pour la chimiothérapie et l’hôpital de jour de médecine,
  • l’éloignement de l’unité ambulatoire chirurgicale du bloc opératoire.  

Face à ces constats, les soignants ont travaillé. Ils ont réfléchi, proposé, hiérarchisé, en intégrant la soutenabilité financière, l’élaboration du projet médical et la définition d’un projet architectural adapté aux besoins réels de la population. 

 

Ce projet global, structuré en trois phases clairement définies, a fait l’objet de multiples vérifications et validations : 

  •  par le COTIS de l’ARS,
  • par Monsieur le Professeur Vallet,
  • par Monsieur Hugo Gilardi,
  • et par les comités de pilotage du Ségur de la santé.  

Il ne s’agit donc ni d’un rêve, ni d’un hasard, mais d’un travail collectif, sérieux et responsable. Je veux remercier très sincèrement l’ensemble des soignants qui ont œuvré à la réussite de ce projet, tout particulièrement l’encadrement, les membres de la Commission Médicale d’Établissement,

et l’ensemble des professionnels engagés dans cette démarche exigeante. 

 

Alors oui, puisque nous sommes en période de vœux, nous continuerons à reformuler ces projets. Non par naïveté, mais par responsabilité, par fidélité à notre mission, et par respect pour les besoins de santé de notre population. 

 

Je forme le vœu que 2026 soit une année de reconnaissance pour les équipes hospitalières, une année de dialogue fondé sur les faits, et une année où l’hôpital sera regardé pour ce qu’il est : un pilier essentiel de notre territoire. »

DB

 

ARS  : Agence Régionale de Santé,

COTIS : Comité Opérationnel Territorial de l'Investissement en Santé,

GCS : Groupement de Coopération Sanitaire,

IRM : Imagerie par Résonance Magnétique,

USIC : Unité de Soins Intensifs de Cardiologie,

SMUR : Structure Mobile d'Urgence et de Réanimation.

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