[Vœux] CH Jeanne de Navarre. Services, financement, realpolitik et accueil des patients au menu de l’allocution de Sébastien Eugène

 

 

 

 

 

Présent dans la Salle des Conférences du Centre hospitalier de Château-Thierry, vendredi 16 janvier, dans le cadre de la cérémonie des vœux de l’établissement,

le maire de Château-Thierry et président du Conseil de surveillance de l’hôpital, Sébastien Eugène, s’est également exprimé devant une assistance attentive.

 

  

  

 

 

 

 

Extrait. « Comme vous, j’ai été frappé par le déclassement de la maternité. Je m’y suis opposé comme vous toutes et tous. C’est une décision, malheureusement, prise en 2018 et je peux vous dire, que pour avoir eu le directeur général de l’ARS personnellement pour m’entretenir avec lui,

il était extrêmement fermé à l’idée de revenir sur cette décision. 

 

En revanche, certains d’entre vous étaient présents, ici-même. Il s’est montré beaucoup plus ouvert concernant l’USIC. Et donc, j’ai bon espoir

que l’on puisse réussir à prouver que nous sommes en capacité de redévelopper ce service dans notre hôpital. Ensuite, il y a des services

que l’on aurait souhaité. Je pense qu’il faut bien les distinguer. Il y a des services qui existaient et qui peuvent ne plus exister.

Je pense à la néonatalogie. Il y a des services que l’on souhaitait. L’ARS n’a finalement pas donné suite. Je pense que c’est très différent dans

le discours que l’on peut avoir à l’extérieur entre les services qui n’existent plus et les services que l’on souhaite et qui finalement n’ont pas été développés. La responsabilité de l’État, évidemment, n’est pas tout à fait la même. 

 

Il y a aussi un sujet qui m’inquiète, c’est le plan de retour à l’équilibre souhaité par l’État. L’État est en manque d’un certain nombre de moyens

et il demande à notre hôpital, comme à d’autres, de faire des économies. Il y a eu un long débat au Conseil de surveillance pour savoir, si finalement, on devait approuver la stratégie qui était proposée par la direction, pour soutenir notre direction, ou à contrario, s’opposer, non pas à la stratégie proposée par la direction qui se voit imposer un certain nombre d’économies, mais s’opposer à la décision de l’État. Tout simplement parce que

le mode de financement aujourd’hui des hôpitaux n’est pas idéal et que finalement, c’est plutôt le mode financement des hôpitaux qui devrait être révisé plutôt qu’en gardant les mêmes règles appliquées à des hôpitaux qui sont d’ores et déjà d’un point de vue financier en difficulté. 

 

C’est la raison pour laquelle le Conseil de surveillance a donné son opposition de retour à l’équilibre. Encore une fois, cela n’a rien à voir, ce n’est pas

du tout en opposition à la stratégie, astucieuse d’ailleurs, développée par Cyril Marais et Éric Lagardère. 

 

Je note également des motifs de satisfaction. Des partenariats avec la Ville de Château-Thierry qui se renforcent. Je ne vais en citer que deux,

le Contrat local de santé mentale et puis également en lien avec l’IFSI et son extension, la convention est prête et les études préalables vont pouvoir débuter en 2026. 

 

Se pose évidemment la question de la direction par intérim, parce que cela fait déjà 3 ans. C’est un intérim assez long. Il y a eu un accord en début d’année 2025. Il va bien falloir un jour que l’on se pose cette question. Pendant 1 an sur l’année 2025, on allait clôturer un peu le débat et soutenir

la direction pour porter l’ensemble des projets et l’activité que je vous ai décrite. D’autant plus que l’on a eu un renouvellement conséquent du Conseil de surveillance en 2025. Il y a 3 membres représentant les usagers, la société civile, qui ont été renouvelés. Le représentant de la CME a été également renouvelé. En 2026, cela n’a échappé à personne qu’il y a des élections municipales et intercommunales qui vont aussi, potentiellement, renouveler

2 sièges. Cela veut dire qu’en 6 mois, 2 /3 du Conseil de surveillance sera renouvelé ou rétablit dans ses fonctions. 

 

Il y aura évidemment nécessité pour le Conseil de surveillance de statuer sur la pérennité de cette direction commune, ou à contrario, de revenir

sur une direction unique. Je voudrais dire juste une chose. Dans ce domaine, il faut faire de la realpolitik. Ce n’est pas pour faire plaisir à tel ou tel,

pas pour faire plaisir à l’ARS, pas pour faire plaisir au maire de Soissons avec qui j’entretiens les meilleures relations. La seule question qu’il faudra

se poser, c’est l’intérêt de notre hôpital, l’intérêt de notre bassin de vie et l’ensemble de ses patients. 

 

L’analyse devra être objective, elle devra être décisive, elle devra évidemment être faite dans la plus grande sérénité pour aboutir à la meilleure décision par la Conseil de surveillance. Ce qui n’empêche pas de saluer le travail réalisé sur l’année 2025 et au-delà par l’équipe de direction. Ils ont su prouver toute leur capacité à entrainer l’ensemble des équipes et leurs collaborateurs pour toutes ces belles réalisations. Ils ont toute ma confiance et

je les remercie très sincèrement. 

 

Enfin, je voudrais revenir aussi sur un dernier point de satisfaction. C’est l’accueil qui est le vôtre auprès des patients. Évidemment, partout, vous verrez toujours des râleurs, des personnes mécontentes, soit de l’accueil, soit des soins prodigués. Cela arrive. Mais on ne peut pas imaginer le nombre

de personnes qui chaque jour, chaque semaine, chaque mois, viennent me voir en me disant j’ai été extrêmement bien reçu à l’hôpital, j’ai été bien soigné, le personnel a été extrêmement attentif. C’est ce qu’il y a de plus important. 

 

C’est la raison pour laquelle je tiens chaleureusement, très sincèrement, à remercier chacune et chacun d’entre vous pour tout le travail

que vous fournissez au quotidien, qui fait la fierté de notre hôpital. » 

DB

Crédit photos : Axomois Production

 

ARS : Agence Régionale de Santé,

CME : Commission d'Établissement Médicale,

IFSI : Institut de Formation en Soins Infirmiers,

USIC : Unité de Soins Intensifs Cardiologiques. 

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