Exposition « Dix soldats. Dix destins. Une mémoire retrouvée » : un travail remarquable, une exposition exceptionnelle

Christine Galopeau de Almeida et Paul Cheval devant leurs ancêtres.
Christine Galopeau de Almeida et Paul Cheval devant leurs ancêtres.

 

 

 

L’association « Mémorial de Dormans 1914-1918 » invitait, mardi 11 novembre après-midi, les visiteurs du Mémorial des Batailles de la Marne 1914-1918 à découvrir une exposition consacrée aux dix soldats identifiés dont les dépouilles reposent dans l’ossuaire. 

 

Le Mémorial des Batailles de la Marne est inscrit, depuis 2023, au Patrimoine mondial de l'Humanité parmi les cent-trente-neuf sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre Mondiale -front ouest-. 

 

Dans l'ossuaire reposent mille-cinq-cents soldats dont les dépouilles sont regroupées dans cent-trente cercueils. Parmi ces soldats, dix ont donc pu être identifiés.

 

  

 

 

 

 

Un travail remarquable, une exposition exceptionnelle 

 

L’exposition se tenait sous le cloître reliant l’ossuaire à la chapelle. Christine Galopeau de Almeida, présidente l’association « Mémorial

de Dormans 1914-1918, retrace la genèse du projet : « En juillet dernier, Christian Bruyen, sénateur de la Marne et premier vice-président chargé

de la Mission Patrimoine pour les sites classés au Patrimoine mondial de l’Humanité, a demandé aux différents sites de la Marne de préparer

quelque chose pour ce 11 novembre. J’ai tout de suite eu l’idée de faire une exposition sur les dix soldats identifiés qui sont dans l’ossuaire,

parmi les mille-cinq-cents qui y reposent. L’idée était de pouvoir leur redonner vie afin de les mettre à l’honneur. » 

 

Le projet d'exposition validé, Christine Galopeau de Almeida sollicite l'aide de Paul Cheval, graphiste âgé de 25 ans, l’un des jeunes bénévoles de l’association en charge de la Communication du Mémorial sur les réseaux. La présidente poursuit : « Une grande partie des renseignements

a été trouvée dans les archives militaires. Le journal de marche du régiment a permis de savoir ce qu’a fait le régiment le jour de la mort du soldat.

Sur le registre matricule de chaque soldat figurent de très nombreux détails, comme son lieu de naissance, sa famille, les circonstances de sa mort. Dans les archives du Département, j’ai retrouvé, pour ceux qui étaient mariés, l’acte de mariage sur lequel est inscrit, entre autres, le métier de l’épouse. Un soldat était instituteur, son épouse était institutrice. Le site Geneanet m’a permis de découvrir que deux soldats avaient des enfants.

Tous ces éléments ont contribué à la reconstitution de la vie de ces soldats. » 

 

Plein d’infos mais pas de photos 

 

Si le registre matricule des soldats a également révélé des degrés d’instruction allant de 1 à 4, de « Sait lire » à « Brevet d’enseignement primaire » pour le soldat qui était instituteur, il n’a pas fourni par contre de photos.

 

Christine Galopeau de Almeida précise : « Comme nous n’avions pas de photos, nous n’avions pas de visages. Nous ne voulions pas mettre

des silhouettes vides. Au sein de l’association, des bénévoles ont des archives avec des photos de leurs ancêtres. Nous avons donc utilisé les photos de nos ancêtres qui sont morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale ou ont combattu lors de la Première Guerre mondiale.

Paul n’a pas fait ensuite appel à l’intelligence à artificielle, mais a utilisé une tablette graphique pour styliser le visage des uns et des autres. Il a pris

un visage tout jeune pour le soldat qui avait 20 ans, un visage plus buriné pour celui qui était agriculteur, etc... 

Nous avons fait également très attention aux uniformes.1915, c’est le début du changement d’uniformes. Le képi rouge, la capote bien visible

et le pantalon rouge garance, ce n’était plus possible. Les équipements des régiments n’ont pas été faits au même moment. Numéro du régiment, représentation de la médaille de la Croix de Guerre décernée au soldat âgé de 20 ans, nous avons essayé de respecter le plus possible ce qu’était

la réalité. » 

 

L’exposition va prendre ses quartiers d’hiver. Il va falloir attendre la saison 2026 pour la découvrir ou la redécouvrir, cette fois-ci, dans la crypte du Mémorial. 

 

Mémorial des Batailles de la Marne 1914-1918. Parc du Château. Avenue des Victoires. 51 700 Dormans. 

DB 

Crédit photos : Axomois Production 

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