Une nouvelle mise en lumière de l’Abbatiale Saint-Pierre d’Orbais a eu lieu, samedi soir 11 octobre, à l’issue du concert exceptionnel
du pianiste international Jean-Philippe Collard, donné au sein même de l’édifice religieux.
Sur le pas de la porte de la mairie, Alexandre Piat, maire d’Orbais-l’Abbaye, s’est adressé à une foule nombreuse :
« Le village d’Orbais-l’Abbaye possède un patrimoine historique remarquable. Perdue au milieu de vastes forêts, au cœur d’un écrin de verdure,
surgit cette église abbatiale, vestige d’une prestigieuse abbaye bénédictine qui rayonnait dans toute l’Europe médiévale. C’était d’ailleurs une université, où l’on enseignait les arts libéraux, qui possédait une riche bibliothèque malheureusement perdue pendant les guerres de religion et la Révolution.
On comptait plus de 100 moines à l’apogée de la vie religieuse. C’est Saint-Réol, archevêque de Reims, qui fonda cette abbaye en 677. Ce n’est pas rien. Presque un millénaire et demi s’est écoulé depuis. Le village d’Orbais scintille encore. Vous en êtes la preuve, ce soir.
Je tiens en cette nuit si particulière à rendre hommage à un homme, Louis Courageot, qui consacra en 1876 ses travaux intellectuels à l’étude
de l’abbaye d’Orbais. Notamment son pavage exceptionnel du 12e. Natif d’Orbais, il devient avec la qualité de son travail, Conservateur du Musée
du Louvre. Il a bataillé fort pour que nous puissions regarder la flèche de notre clocher. Elle menaçait d’être amputée pour raison budgétaire
par la municipalité de l’époque. Il a su heureusement convaincre à un moment où l’on démontait des églises. Louis Courageot n’a pas manqué
de courage. Et sans faire une analyse onomastique de son nom, on peut dire que c‘est un bel exemple pour les écoliers de l’école d’Orbais. »
« Lumière sur l’abbaye »
Le nouvel éclairage extérieur, mais aussi intérieur, de l’abbatiale fait partie d’un projet global de restauration et de mise en valeur d’un chef d’œuvre de l’art gothique réalisé avec le concours de la Fondation du Patrimoine et de la Région Grand Est. Une collecte est toujours en cours sur le site de la Fondation du Patrimoine. Elle a permis à ce jour de récolter 181 610 euros.
Alexandre Piat poursuit : « Notre clocher s’élève à plus de 60m pour toucher le ciel. Grâce à votre générosité, nous pourrons admirer de nuit, la beauté de ce chef d’œuvre. Notamment depuis la route d’Épernay, entre la Vallée du Surmelin et les vignes qui attestent nos racines légitimes avec l’appellation champagne rappelant notamment le précieux pressoir à roue d’écureuil du 17e siècle des moines vignerons d’Orbais, qui préside
à l’accueil du Musée d’Épernay.
Je dis, admirer à nouveau la lumière, parce que par le passé, la mise en lumière avait été réalisée avec l’aide précieuse de M. Revellin-Falcoz, fondateur des Amis de l’Abbatiale, que je salue. La présence de Monseigneur l’archevêque de Reims, de Arnaud Robinet, maire de Reims et de nombreux Rémois, ce soir, est hautement symbolique pour notre village. En effet, Jehan d’Orbais fut le premier architecte de la cathédrale de Reims. Notre village était également surnommé le Biscuit rose de Reims, en raison de la couleur des façades réalisée en brique pilée avec cet ocre rose si caractéristique.
Un lien ancestral et profond existe bien entre Reims et Orbais. Avec ce nouvel éclairage de l’abbatiale, nous allons mettre en lumière ce joyau architectural. La lumière est ravissement. Qu’elle soit spirituelle, intellectuelle, physique ou esthétique. Elle guide et éclaire l’humanité. Elle donne
de l’espoir dans les moments difficiles. Elle libère de l’obscurantisme. Mais s’il est vrai qu’elle éclaire et symbolise la connaissance, elle est aussi
ce qui peut aveugler, nous rendre intolérant quand nous oublions ceux qui sont abandonnés, ceux qui n’ont pas facilement accès au beau et
à la connaissance.
Justement la beauté et la connaissance n’ont de sens que si elles sont accessibles à tous. Notre tâche, préserver, transmettre aux générations futures. L’expression patrimoine partagé pour lequel nous œuvrons prend tout son sens. Il y a histoire et histoire. Celle qu’on lit dans les livres. Celle qui se lit dans les pierres et celle que demain nous prépare. Savoir d’où nous venons pour construire l’avenir.
La présence de nombreux chefs d’entreprises, ce soir, prouve notre dynamisme industriel. Notre village possède de nombreuses usines. Elles font écho aux moulins qui rythmaient la vie économique. Napoléon III, lui-même, refusa de capter l’eau du Surmelin pour alimenter Paris en raison notamment de notre potentiel industriel. Construire demain tout en préservant les vestiges de l’abbaye d’Orbais et regarder aussi, avec lucidité, l’importance des cicatrices qu’elle porte et qui nécessite le soutien de tous pour reprendre ses fondations, sauver ses contreforts, réhabiliter
ses cloches, réparer ses vitraux. Chaque année, nous avançons en ce sens. C’est un contre la montre. De grands travaux doivent s’engager très rapidement pour sauver ce trésor de l’art gothique.
La mise en lumière de l’abbatiale est le fruit d’un long travail des Amis de l’Abbatiale, de la municipalité, de la Fondation du Patrimoine, rendu possible grâce aux donateurs. Je les en remercie chaleureusement. Je félicite Émeric Thiénot, concepteur lumière de l’entreprise Lumesens, M. Barthelet
de l’entreprise Cegelec, le Bureau d’études Betelec, les techniciens Mohamed et David qui assurent ce soir encore une maintenance en cette occasion.
Après les discours, ce sera donc lumière sur l’abbaye. Les vitraux exceptionnels du 12e siècle vont scintiller. L’esthétique du clair-obscur va progressivement souligner les lignes verticales tout en rappelant les miroitements de l’eau. Avec la maison Arts et du Patrimoine financée par
des fonds conséquents du Feder, l’éclairage public restauré par la Communauté de Communes des Paysages de la Champagne, les aménagements de granit et la fontaine naturelle réalisée par les municipalités précédentes, la Place Jehan d’Orbais achevée, je vous invite à découvrir à son opposé
la beauté du chœur de l’abbatiale. Cette réalisation collective est le symbole d’une renaissance d’Orbais-l’Abbaye. J’espère qu’elle permettra
à nos enfants de contempler le sublime, de regarder vers le haut. Que nous prenions le temps de poser notre regard loi des agitations multiformes
des écrans et du vacarme, du bruit universel.
C’est peut-être un doux rêve, mais n’est-il pas vrai que l’oiseau de la sagesse se lève le soir, car à Orbais-l’Abbaye, il n’est pas rare d’entendre murmurer les chouettes de Minerve autour du clocher. »
Que la lumière soit et la lumière fut !
Après avoir procédé au décompte tant attendu, le maire d’Orbais-L’Abbaye invita le nombreux public à faire le tour de l’abbatiale afin de contempler l’édifice paré de son nouvel éclairage. Y a pas à dire : c’est juste wahoo ! Pour celles et ceux qui dénoncent les effets de la pollution lumineuse sur la biodiversité nocturne, sachez que le Conseil municipal d’Orbais-l’Abbaye devrait valider une extinction de l’éclairage
de l’Abbatiale à 22 heures.
Cette soirée exceptionnelle, avec le concert de Jean-Philippe Collard et la mise en lumière intérieure et extérieure de l’abbatiale, a été « suivie » par de nombreuses personnalités. On aurait pu former un gouvernement vraiment resserré.
Citons, Benoît Lemaire, sous-préfet de Reims, Maxime Michelet, député de la 3e circonscription de la Marne, Xavier Albertini, député de la 1ère circonscription de la Marne, Cédric Chevalier, sénateur de la Marne, Franck Leroy, président de la Région Grand Est, Jean-Marc Roze, président du Conseil départemental de la Marne, Arnaud Robinet, président du Grand Reims et maire de Reims, Régis Coutant, président de la Com-munauté de Communes des Paysages de la Champagne, le Commandant de la Compagnie de gendarmerie d’Épernay, Henri Guinand, maire honoraire d’Orbais-l’Abbaye, David Romagnan, conservateur des Monuments Historiques, le Lieutenant Adrien Poittevin, du Centre de secours de Montmort-Lucy, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Mgr Franck Javary, évêque de Châlons-en-Champagne, Laurent Lanfranchi, directeur du Collège-Lycée Notre-Dame Saint-Victor d’Épernay, Pierre Possémé, délégué régional Champagne Ardenne
de la Fondation du Patrimoine, Nicolas Thiénot, président de l’association des Amis de l’Abbatiale, Virginie Soret, directrice de l’Office
de Tourisme des Paysages de la Champagne, Patrick Demouy, historien médiéviste.
DB
Crédit photos : Axomois Production























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