[Biodiversité) Grâce à Apiluz, « la luzerne nourrit les abeilles »

Grâce à l’engagement de milliers d’agriculteurs, des coopératives de luzerne de la région et

au soutien de partenaires financiers, l’opération « Apiluz » se déploie largement ce mois-ci.

 

Basé sur le maintien de ressources alimentaires pour les pollinisateurs par le non-fauchage de bandes de luzerne, ce dispositif est accompagné par l’installation de 500 panneaux un peu partout dans la région. Une bonne nouvelle en ce 20 mai, date de la Journée internationale des abeilles.

 

Sur les départements de la Marne, des Ardennes, de l’Aube et de l’Aisne, des agriculteurs, apiculteurs et plusieurs coopératives se sont mobilisés pour installer pas moins de 500 panneaux portant l’accroche : « La luzerne nourrit les abeilles ». Cette opération met à l’honneur Apiluz, une action collective permettant de préserver notamment les abeilles.

 

Lancé en 2014 par l’association Symbiose, et basé sur un protocole scientifique réalisé par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles (RBA), le dispositif Apiluz vise à répondre au problème de disette alimentaire dont souffrent les pollinisateurs en juin et juillet sur ce territoire. Le principe est de laisser une bande de luzerne dans la parcelle pour que celle-ci monte à fleurs.

 

« Ce non-fauchage assure en effet une ressource alimentaire conséquente pour les abeilles et autres pollinisateurs, au moment des récoltes

en été, explique Benoit Collard, Secrétaire général de Symbiose et agriculteur à Somme-Tourbe. « Il faut savoir qu‘un hectare de bande

de luzerne non fauchée fait vivre quelque 160 000 abeilles, ajoute-t-il et constitue une vraie niche écologique pour d’autres espèces. »

 

Une hausse de fréquentation des abeilles de 20 %

 

Ce lancement à grande échelle en 2021 concerne 750 communes souvent rurales où les panneaux seront visibles dans les champs

mais aussi en bordure de chemin et à proximité des zones urbaines, afin que tout un chacun puisse découvrir l’étendue d’Apiluz et l’engagement de milliers d’agriculteurs.

 

Initiées entre 2014 et 2016, ces pratiques ont démontré leur efficacité. La généralisation du protocole expérimenté pendant ces trois années sur la commune de Beine-Nauroy (51) avec la coopérative Luzéal, s’appuie sur l’observation de bénéfices importants pour

la biodiversité. Ainsi, les résultats ont permis de constater une hausse de 20% de la fréquentation par les papillons et les abeilles ou encore un doublement de la période de floraison… Cela a également généré un accroissement conséquent de la production de miel (+20%) et une activité plus forte des abeilles.

 

« C’est en constatant que les abeilles étaient de plus en plus nombreuses sur ces sites d’expérimentation mais aussi les papillons que nous avons décidé de déployer cette pratique à grande échelle. » précise Benoit Collard. À terme, 1700 kilomètres de bandes de luzerne ne seront pas fauchés, représentant plus de 520 hectares qui deviennent autant de garde-mangers capables de faire vivre environ 100 millions d’abeilles.

 

« Ce large déploiement a été rendu possible grâce à l’engagement de nombreux partenaires opérationnels (1), tels que, les producteurs

de luzerne, les coopératives de déshydratation de luzerne de la Région, les acteurs apicoles (RBA et le syndicat FGSAM), relève Hervé Lapie, Président de l’association Symbiose, Apiluz est le premier projet européen d’une telle ampleur. Ses bénéfices au profit de la biodiversité dépasseront nos frontières françaises. Ce projet a trouvé une réalité grâce au soutien financier d’entreprises et de fondations privées et

de la Région Grand Est (2). Apiluz est aussi la démonstration de notre capacité à répondre de façon collective, multi partenarial, à un enjeu d’intérêt général et commun, celui de préserver nos ressources. »

 

(1) Les partenaires opérationnels :

  • Les agriculteurs, producteurs de luzerne
  • L’association Adasea
  • Réseau biodiversité pour les abeilles
  • La FGSAM
  • Les coopératives de luzerne : Luzeal, Sundeshy, Capdéa, Prodeva, Cristal Union, Tereos 

(2) Les financeurs :

  • Entreprise LIDL
  • Fondation AVRIL
  • Fondation Crédit agricole Nord Est
  • Chambre d’agriculture de la Marne
  • Cérèsia
  • Région Grand Est 

Savoir + 

 

Créée en mars 2012, Symbiose rassemble une grande diversité d’acteurs du territoire champardennais (agriculteurs, chasseurs, apiculteurs, naturalistes, techniciens, financeurs). Reconnue association de protection de l’environnement et d’intérêt général, Symbiose se positionne comme une force de propositions en engageant des réflexions et des actions contribuant notamment à mettre en cohérence les  réglementations environnementales avec les réalités d’un territoire.

Elle s’appuie sur les compétences de chacun des acteurs pour mettre en œuvre des projets de gestion concertée de la biodiversité sur le territoire.

NC Communication

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