Dormans. Le collectif « Protégeons nos campagnes » demande l’intervention du Préfet sur le projet de production d’œufs plein air codés 1

 

Marne. Le collectif « Protégeons nos campagnes » demande l’intervention du Préfet sur le projet de production d’œufs plein air codés 1 porté par l’agriculteur Olivier Coubronne, au lieu-dit La Bourdonnerie, sur la commune de Dormans.

 

« Nous demandons à M. le Préfet de tout mettre en œuvre pour que ce projet soit abandonné

ou au moins que le bâtiment soit déplacé. » indiquent les opposants, dans une pétition distribuée dans les boites aux lettres il y a quelques jours.

 

 

 

Le collectif pointe du doigt l’abaissement du seuil de volailles de 40 000 à 30 000 poules pondeuses « afin de contourner l’arrêté préfectoral qui prévoyait la mise en place d’une enquête publique ». Le projet d’Olivier Coubronne est en effet désormais soumis

au régime de la Déclaration, régime moins contraignant que celui de l’Autorisation environnementale.

 

Interrogé sur la baisse du seuil à 30 000 équivalents-volailles, Olivier Coubronne explique qu’« un dossier d’autorisation demande

de gros frais supplémentaires et des démarches administratives compliquées et longues (9 mois de procédure N.D.L.R). De mon côté,

j’ai des délais à respecter. C’était donc la seule solution pour avancer, à mon grand regret ».

 

Absence de dialogue

 

Pour le collectif, le projet, « en soi un non-sens écologique et économique, est resté identique dans son implantation. Les ventilateurs restent tournés vers le voisinage, le pôle équestre et le hameau des Coqs. Le terrain d’évolution des poules reste sur un terrain drainé vers le ru qui traverse Courthiézy et se jette dans la Marne. Le bétonnage d’une aire naturelle est maintenu. Les nuisances visuelles et paysagères restent identiques ».

 

D’après les opposants, ces derniers avaient proposé « trois autres possibilités d’emplacement qui impacteraient bien moins

le voisinage. Or, le porteur du projet oppose une fin de non-recevoir en refusant toute discussion dans le total mépris de l’avis

de ses concitoyens, officialisé par le résultat de la consultation publique, et des avis défavorables des conseils municipaux

des communes de Courthiézy et Dormans ».

 

Le collectif souligne que le projeteur « n’offre aucune garantie de ne pas agrandir son exploitation par la suite » tout en rappelant

la déclaration du Président de la FDSEA lors de la signature, le 25 novembre dernier, de la charte de " Bon voisinage et de bonnes pratiques " : « Il nous faut prendre en considération les attentes des citoyens et des maires, puis trouver des solutions qui nous engagent tous. »

Les opposants concluent que « pour la deuxième fois, ces engagements ne sont nullement respectés dans ce nouveau projet déposé

à la mairie de Dormans ».

 

Conflits de voisinage

 

Le collectif « Protégeons nos campagnes » est avec le collectif Sud Aisne pour la Protection Environnementale et Animale (CSAPEA),

le second rassemblement d’opposants au projet. CSAPEA, qui a lancé une pétition sur une site internet spécialisé dans les pétitions

en tout genre, recueille actuellement 61101 signatures et 1 101 commentaires. Celui d’un internaute qui souhaitait, le 15 août dernier,

la mort d’Olivier Coubronne a été supprimé depuis par le site internet.

 

Le rassemblement local « Protégeons nos campagnes » débute son argumentaire dans sa pétition « papier », par l’évocation du lait

en berlingots, de la décharge et sa demande d’extension et de la demande d’installation d’une usine de traitement des jus

de décharges, appelés lixiviats.

Des sujets qui doivent interpeller bon nombre de lecteurs de la pétition car ils ne sont pas développés et remontent au siècle dernier, notamment à l’année 1969 pour le lait en berlingots.

 

« Je ne vois pas ce que cela vient faire dans la pétition, lance un habitant de Dormans qui souhaite garder l’anonymat, Olivier Coubronne

n’a rien à voir là-dedans. Il n’était même pas né du temps du lait en berlingots. Les trois sujets concernent son père, aujourd’hui décédé. »

 

A la Bourdonnerie, les projets initiés par la famille Coubronne ont toujours cristallisé les oppositions, particulièrement la vente des terrains pour l’ouverture de la décharge en 1975 puis son extension dans les années 2000.

La " tradition " se perpétue donc avec le projet de production d’œufs plein air codés 1.

DB

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