Celles-lès-Condé : le swing à la française avec le Trio Pelosof

Samedi 20 mai, le 11ème Festival Guitares en Picardie a posé ses étuis pour un concert à Celles-lès-Condé.

 

Dans l’église qui vient de se refaire un chœur de beauté, et devant une grosse cinquantaine de spectateurs, le Trio Boris Pelosof a non seulement fait vibrer les cordes des guitares et de la contrebasse, mais aussi le cœur de la belle assemblée.

Cette formation au talent indéniable composée de Boris Pelosof et Damien Pouillart (guitares), et Tony Viez (contrebasse), tient sur le bout des doigts le répertoire jazz manouche de Django Reinhardt.

Entre deux morceaux, Boris Pelosof a fait partager la richesse d’humanité et le courage du guitariste tzigane lors de la seconde guerre mondiale.

 

Le coup d’essai de ce bourg de 82 âmes s’avère d’ores et déjà être un coup de maître. Le maire du village, Jordane Beauchard, signe déjà pour une prochaine édition !

Henri Gandon

Crédit photos : Petitlimon

 


Django Reinhardt
Django Reinhardt

Jean Reinhardt dit Django Reinhardt est né le 23 janvier 1910 en Belgique. C’était un guitariste manouche de jazz.


Il fait partie d’une famille de nomades et passera sa jeunesse à voyager en France, en Italie ou encore en Algérie pour fuir la Première Guerre Mondiale. Sa famille restera finalement à Paris.
A l’âge de dix ans, il se découvre une passion pour le banjo que possède son oncle et commence un apprentissage en observant des musiciens de passage. Par la suite, il apprendra également le violon et la guitare.

Il exercera sa passion dans les bars et les bals de Paris mais aussi dans les demeures des gens aisés. Il se fait alors une certaine réputation chez les amateurs de musique alors qu’il n’a que treize ans.


Django Reinhardt enregistrera son premier disque grâce à l’accordéoniste Jean Vaissade. Cette même année, alors que Django doit se produire à Londres avec la formation de musique populaire du chef d’orchestre Jack Hylton, un incendie se propage dans la roulotte où il vit avec sa première femme, Bella Baumgartner. Les deux occupants sont gravement blessés. Django est sérieusement atteint à la jambe droite et à la main gauche et les médecins pensent qu’il ne pourra plus jamais jouer de la musique, après plus de 18 mois passés à l’hôpital. Sa main sera finalement brûlée au nitrate d’argent afin de provoquer la cicatrisation.
Même si le musicien a perdu deux doigts, il va s’obstiner et développera après 6 mois de travail, une technique nouvelle de la guitare que son frère lui a rapportée comme forme de rééducation.

 

A sa sortie de l’hôpital, il découvre que la guitare est désormais un instrument très utilisé au sein des orchestres de Jazz, une musique venue des États-Unis. Django décide alors de se consacrer entièrement au Jazz.

 

En 1931, il jouera dans l’orchestre du club la »Croix du Sud » dirigé par André Ekyan, puis, en 1934, il fonde le « Quintette du Hot Club de France » avec Stéphane Grappelli. Les cinq musiciens, dont le frère de Django fait partie, inventent une nouvelle musique qui connaît un fort succès. Ils vont alors enregistrer de nombreux disques et joueront dans toute l’Europe avec les plus grands musiciens de cette époque.

Le talent de Django ne laisse pas indifférent le chanteur Jean Sablon qui lui demande d’enregistrer en studio, dès 1933.


En 1940, il enregistre donc le titre

« Nuages » avec le clarinettiste et saxophoniste de jazz Hubert Rostaing. Puis, avec l’orchestre de Pierre Allier.
En 1943, il épouse Sophie Ziegler, sa seconde femme. Leur fils Babik Reinhardt deviendra à son tour un grand guitariste.
Il sera ensuite l’un des premiers en France à comprendre le be-bop, la révolution du jazz. Ainsi, il l’intègre rapidement à ses compostions.

Le Hot Club de France reprend ses enregistrements et ses tournées dès la fin de la guerre. De plus, Django a enfin l’occasion de jouer dans le groupe de Duke Ellington en 1946, grâce à une tournée aux États-Unis.

Cependant, Django a du mal à s’habituer à cette discipline très stricte puisqu’il est accoutumé à la liberté de la vie nomade et ne parle pas anglais. Cette tournée n’est pas ce qu’il espérait et Ellington ne l’a pas vraiment intégré et le considère plus comme une sorte d’attraction.

 

Néanmoins, la présence de Django dans cette tournée fait sensation auprès du public.
Après cet épisode, il décide de se consacrer davantage à ses autres passions, la peinture, la pêche et le billard et délaisse un peu la guitare.


En 1951, après s’être installé en Seine-et-Marne, près de Fontainebleau, l’inspiration lui revient et il joue régulièrement avec un orchestre. Django est toujours à l’avant-garde du jazz.
En 1953, le producteur français Eddie Barclay lui fait enregistrer huit titres qui marqueront les amateurs de jazz et les guitaristes du monde entier qui vont s’inspirer de Django pendant des décennies, qui étaient très en avance sur son époque.
Le 8 avril 1953, Django enregistrera son dernier disque avant de mourir d’une hémorragie cérébrale.


Django est considéré comme l’un des meilleurs guitaristes de Jazz et reste une grande influence pour la plupart des musiciens. L’originalité de son style musical est devenue aujourd’hui le Jazz manouche.

jazzradio


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