La Chapelle-Monthodon. Une pompe étonnante : le bélier hydraulique

Le bélier hydraulique n’est pas mort ! Christian Bartkowiak, un odonien à la retraite, vient de réaliser ce système de pompe à eau, inventé il y a plus de 200 ans. Une technologie rustique, économique, écologique et efficace. Cette pompe fonctionne non-stop sans énergie !

 

Le principe du bélier repose sur la surpression créée lorsque le débit d'un liquide est soudainement interrompu, par exemple, lors de la fermeture rapide d'un robinet. L'onde de choc qui en découle est généralement violente et endommage les canalisations non protégées.

 

En 1796, l'industriel et inventeur Joseph de Montgolfier a l'idée de détourner cet effet à bon escient. Après avoir fait voler des aérostats avec son frère Etienne, il dépose le brevet de cette pompe autonome et efficace et la nomme bélier, à cause du bruit et de la violence du coup. Aujourd’hui, Walton est le dernier fabricant français de béliers hydrauliques traditionnels.

 

Installée près d'une source ou d'une chute d'eau, la machine permet de monter le liquide jusqu'à plusieurs dizaines de mètres sans énergie autre que celle apportée par le courant. Une fois lancée, elle ne s'arrête plus. « C’est un procédé qui a servi pendant de très nombreuses années et qui est encore, aujourd’hui, utilisé notamment sur des châteaux d’eau » indique Christian Bartkowiak. « En ayant une hauteur d’eau d’1m, on peut remonter de l’eau à 10m de haut. Mais le coefficient de rentabilité est très faible. On utilise environ 90% d’eau pour en remonter seulement 10% » poursuit-il. Le retraité bricoleur a procédé au montage du bélier avec son gendre.

 

« Le fonctionnement n’est pas évident. Mais une fois qu'on a compris l’astuce, c’est relativement facile ! La documentation mise en ligne sur internet par des passionnés de pompes bélier nous a été très utile. Il nous a fallu environ 2h30 pour le monter. Quant au coût, j’ai dû dépenser grosso modo 50€ pour les pièces. Les prix d’un vrai bélier Walton vont de 1 120€ à 3 690€ » précise-t-il.

 

Le bélier, placé ici dans un ru, alimente par goutte à goutte une cuve située à une hauteur d'environ 3,50m. 40 litres sont ainsi récupérés sur une journée. Il faut compter 3 semaines pour remplir la cuve de 1 000 litres.

« Je souhaite transformer mon jardin en verger. 1 arbre consomme au minimum 10 litres d’eau par semaine lors de ses 2, 3 premières années de croissance. Si je veux planter une dizaine d’arbres, ça me fait 100 litres d’eau par semaine. Ça sera donc suffisant » conclut celui que l’on surnomme le MacGyver odonien.

Il faut préciser que c’est ce dernier qui avait installé il y a quelques années un seau à vendange sur un coffret de répartition Orange. Lassé d’avoir une ligne téléphonique défectueuse, il avait trouvé ce moyen, certes peu banal mais efficace, pour protéger les connexions des intempéries. DB

 

 


Écrire commentaire

Commentaires : 0